Dans ce nouvel épisode du podcast Les Ondes de l’Immo, présenté par Anne-Sandrine Di Girolamo, Jauffrey Ianszen, directeur commercial régional Hauts-de-France chez Finance Conseil, livre une lecture pragmatique du marché immobilier actuel. Entre perception médiatique, réalité bancaire et stratégies d’achat, son intervention apporte un éclairage utile aux acquéreurs.
Le “bon moment” : une notion avant tout personnelle
Interrogé sur le timing idéal pour acheter, Jauffrey Ianszen déconstruit une idée largement répandue. Selon lui, il n’existe pas de moment parfait dicté par le marché. L’achat immobilier repose avant tout sur une rencontre entre un projet de vie, un bien et une capacité à se projeter.
Dans un contexte jugé parfois anxiogène, notamment sous l’influence de l’actualité économique, il insiste sur un point clé : le déclencheur reste le coup de cœur et la situation personnelle (évolution familiale, séparation, mobilité professionnelle). Attendre un alignement parfait des indicateurs reviendrait, selon lui, à passer à côté d’opportunités.
Taux bas : un souvenir à relativiser
Jauffrey Ianszen invite également à faire le deuil des taux à 1 %, qui ont marqué les années précédentes. S’ils apparaissent aujourd’hui très attractifs, ils s’accompagnaient d’un marché immobilier nettement plus cher.
Concrètement, la baisse actuelle des prix compense en partie la remontée des taux. Un bien affiché à 250 000 € aujourd’hui pouvait atteindre 300 000 € quelques années plus tôt. L’analyse ne peut donc pas se limiter au seul niveau de taux : le coût global du projet doit être considéré.
Des banques toujours actives sur le crédit immobilier
Contrairement à une idée largement relayée, les banques restent aujourd’hui fortement engagées dans le financement immobilier. En début d’année notamment, elles disposent de nouveaux objectifs commerciaux et cherchent à développer leur production de crédit.
Jauffrey Ianszen souligne même une tendance inverse à celle perçue par le grand public :
- les établissements sont en recherche active de nouveaux clients,
- ils souhaitent également fidéliser leurs clients existants,
- et maintiennent des conditions attractives malgré un contexte économique incertain.
Cette dynamique se traduit par des taux qui restent contenus, parfois inférieurs au coût de refinancement des banques, signe d’une volonté d’accompagnement.
Primo-accédants : des dispositifs renforcés
Le marché actuel offre également des opportunités spécifiques pour les primo-accédants. Plusieurs dispositifs viennent améliorer leur capacité d’emprunt :
- enveloppes à taux préférentiels,
- bonifications de crédit,
- et surtout renforcement du prêt à taux zéro (PTZ), parfois doublé selon les établissements.
Ces mécanismes permettent d’augmenter la capacité d’achat de plusieurs dizaines de milliers d’euros, facilitant l’accès à la propriété.
Le DPE, nouveau levier de financement
Autre évolution notable : la performance énergétique devient un critère déterminant dans l’octroi des prêts. Les banques favorisent désormais les biens les mieux classés (A à B), en proposant :
- des décotes de taux,
- ou des enveloppes complémentaires à taux avantageux.
À l’inverse, les logements énergivores (étiquettes F et G) peuvent être moins bien financés. Cette tendance confirme l’intégration progressive des enjeux environnementaux dans les politiques de crédit.
Le rôle clé du courtier : au-delà du taux
Enfin, l’intervention met en lumière la valeur ajoutée du courtier. Loin de se limiter à la recherche du meilleur taux, son rôle consiste à :
- analyser finement chaque profil,
- optimiser l’ensemble des paramètres du financement (assurance, conditions, modularité),
- et proposer un accompagnement sur mesure.
Chaque dossier étant unique, deux emprunteurs aux revenus similaires peuvent obtenir des conditions différentes selon leur situation personnelle. L’expertise et le conseil deviennent alors déterminants.
Une conclusion claire : s’informer avant d’agir
Dans un environnement marqué par une forte circulation d’informations, parfois contradictoires, le principal risque reste de se fier à des idées reçues ou à une connaissance partielle du marché.
Le message porté dans cet épisode est sans ambiguïté : mieux vaut se renseigner, structurer son projet et se faire accompagner, plutôt que d’attendre un hypothétique moment idéal.

Quand acheter un bien immobilier ?
Vous souhaitez acheter un bien immobilier et vous vous demandez si c’est le bon moment ?
Découvrez notre guide sur le sujet !