Le marché du crédit immobilier connaît un nouveau changement de tendance. Après une période plus favorable aux emprunteurs, les taux repartent progressivement à la hausse depuis le début de l’été 2026. Dans le même temps, les dossiers étudiés par Finance Conseil montrent une autre évolution : les ménages mobilisent davantage leur épargne pour concrétiser leur projet immobilier.
Au troisième trimestre 2026, l’apport personnel moyen atteint ainsi 55 567 € chez Finance Conseil, contre 52 320 € au premier trimestre. Une tendance également perceptible chez les primo-accédants, même si les situations diffèrent fortement d’une région à l’autre.
Les taux de crédit immobilier remontent depuis le début de l’été
Le mouvement observé ces derniers mois se confirme. Entre juin et septembre 2026, le taux moyen constaté par Finance Conseil est passé de 3,22 % à 3,35 % sur 15 ans et de 3,38 % à 3,51 % sur 20 ans.
Selon les durées d’emprunt et les établissements bancaires, la progression des barèmes atteint ainsi environ 0,15 à 0,25 point.
Cette évolution intervient dans un environnement moins favorable au crédit. La hausse du coût de refinancement des établissements bancaires exerce notamment une pression sur leurs barèmes et pourrait continuer à se répercuter sur les taux proposés aux particuliers au cours des prochains mois.
Dans ce contexte, Finance Conseil anticipe des taux moyens susceptibles d’approcher 3,90 % d’ici à la fin de l’année 2026.
L’évolution du taux d’usure sera également à surveiller. Si les taux proposés par les banques augmentent rapidement, un décalage avec le taux d’usure pourrait de nouveau compliquer l’accès au financement pour certains emprunteurs.
L’apport personnel représente une part croissante du financement
Au-delà de l’évolution des taux, les données issues des dossiers Finance Conseil mettent en évidence une augmentation de l’effort d’épargne réalisé par les emprunteurs.
Au troisième trimestre 2026, l’emprunteur type accompagné par Finance Conseil est âgé de 36 ans et dispose de 4 658 € de revenus mensuels. Il emprunte en moyenne 177 124 €, un montant qui reste relativement stable depuis le début de l’année.
Son apport personnel évolue davantage. Il atteint désormais 55 567 € en moyenne, contre 52 320 € au premier trimestre 2026.
Rapporté au montant emprunté, cet apport représente 31,37 % du crédit au troisième trimestre, contre 29,5 % au premier trimestre. Les ménages semblent ainsi mobiliser une part plus importante de leur épargne pour consolider leur plan de financement.
Les primo-accédants augmentent eux aussi leur apport
Cette évolution concerne également les ménages qui achètent leur premier logement.
Au troisième trimestre 2026, les primo-accédants accompagnés par Finance Conseil mobilisent en moyenne 36 293 € d’apport personnel, soit 1 971 € de plus qu’au premier trimestre.
Âgés de 33 ans en moyenne et disposant de 3 764 € de revenus mensuels, ils empruntent 156 218 € en moyenne.
Le niveau d’apport reste inférieur aux 44 710 € constatés en 2023, mais les données observées depuis 2025 montrent une nouvelle progression. Les prochains mois permettront de déterminer si cette tendance s’installe durablement.
De fortes différences d’apport selon les régions
La moyenne nationale masque toutefois des situations très différentes selon les territoires.
L’Île-de-France se distingue particulièrement. L’apport moyen des primo-accédants y atteint 112 078 € en 2026, contre 66 805 € dans les données Finance Conseil de 2025.
La progression est également visible dans plusieurs régions. En Bretagne, l’apport moyen atteint désormais 41 650 €, contre un peu plus de 28 000 € l’année précédente. Un niveau similaire de 41 650 € est observé dans la région Loire-Atlantique–Vendée, contre environ 31 000 € en 2025.
Dans les Hauts-de-France, l’évolution est elle aussi marquée : 24 836 € en 2026, contre 13 995 € en 2025.
D’autres territoires connaissent en revanche une relative stabilité. En Occitanie, l’apport passe de 23 805 € à 24 068 €. En Nouvelle-Aquitaine Sud, il reste quasiment inchangé, à 35 438 € en 2026, contre 35 453 € un an auparavant.
Ces écarts illustrent la diversité des marchés immobiliers locaux et des profils d’acquéreurs. Le niveau des prix, mais aussi la capacité d’épargne des ménages, peuvent notamment influer sur le montant mobilisé pour financer une acquisition.
Les banques conservent leur volonté de financer les projets immobiliers
La remontée des taux ne signifie pas pour autant un retrait des établissements bancaires du marché immobilier.
Les objectifs commerciaux communiqués par les partenaires bancaires de Finance Conseil pour 2027 restent globalement proches de ceux fixés en 2026. Les banques continuent donc à afficher leur volonté de financer les projets immobiliers, dans un contexte où la construction du dossier et l’équilibre du plan de financement prennent une importance croissante.
Pour Sophie HO THONG, directrice générale de Finance Conseil, l’enjeu des prochains mois sera précisément de maintenir l’accès au financement malgré l’évolution des conditions de crédit :

La remontée des taux ne doit pas masquer une autre évolution majeure : l’apport personnel redevient une variable déterminante dans la construction des dossiers. Nous constatons que les ménages mobilisent davantage d’épargne pour sécuriser leur projet, y compris les primo-accédants. Néanmoins dans ce contexte, nous disposons d’un atout majeur : les banques veulent prêter. L’enjeu sur les prochains mois pour nous courtier, sera donc de transformer cette volonté de financement en capacité d’achat pour les ménages et de préserver leur accès au crédit. Nous appelons également à une mensualisation du taux d’usure et un assouplissement des normes du HCSF, afin que l’analyse de la solvabilité prenne davantage en compte le reste à vivre et la réalité économique de chaque projet.
Sophie HO THONG – Directrice générale – Finance Conseil

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