Lors d’une vente immobilière, la constitution d’un dossier de diagnostic technique (DDT) est une étape essentielle. En encadrant strictement l’information fournie à l’acheteur, ces documents sécurisent la transaction, limitent les litiges et s’inscrivent dans un cadre réglementaire précis défini par le Code de la construction et de l’habitation. Ils doivent être présentés au moment de la promesse de vente, puis annexés à l’acte authentique de vente signé chez le notaire. Leur absence ou leur invalidité peut retarder, voire bloquer, la vente.
L’essentiel à retenir
- Le DDT est obligatoire et doit être remis dès la promesse de vente.
- Il regroupe les principaux diagnostics : DPE, amiante, plomb, gaz, électricité, termites, loi Carrez, ERP, assainissement, selon le bien.
- Les diagnostics doivent être valides : une durée expirée peut bloquer ou retarder la vente.
- Le vendeur est responsable de leur réalisation avant la mise sur le marché.
Le dossier de diagnostic technique : une obligation légale
Le DDT regroupe l’ensemble des diagnostics immobiliers obligatoires exigés lors d’une vente. Sa composition varie selon la nature du bien, son année de construction, son implantation géographique ou encore les équipements présents, comme un chauffage au bois ou une installation de gaz ancienne.
Dès la signature de la promesse de vente, le vendeur doit remettre un dossier complet et valide. Ce DDT est ensuite mis à jour si nécessaire pour être joint à l’acte définitif. L’objectif est d’offrir une information transparente à l’acheteur afin qu’il puisse s’engager en connaissance de cause.
En principe, les diagnostics techniques obligatoires sont à la charge du vendeur, car ils relèvent de son obligation d’information envers l’acquéreur. Cette règle s’impose d’autant plus que le bien ne peut pas être mis en vente (ni publié sur une plateforme immobilière) sans que ces diagnostics soient préalablement réalisés. Ils doivent donc être fournis en amont de toute commercialisation.
Dans certains cas, il est possible d’aménager cette répartition des coûts. Les parties peuvent prévoir contractuellement que l’acquéreur prendra en charge tout ou partie des diagnostics, mais uniquement au stade de la signature du compromis ou de l’acte définitif. En revanche, cela n’exonère pas le vendeur de les faire établir avant la mise sur le marché du bien.
Le détail des diagnostics obligatoires pour une vente

Diagnostic de Performance Énergétique (DPE)
Parmi les diagnostics requis, le diagnostic de performance énergétique (DPE) occupe une place particulière. Il évalue la performance énergétique d’un logement, renseigne sur sa consommation annuelle et indique son impact environnemental (taux d’émission de gaz à effet de serre du logement).
Son influence sur la vente est devenue déterminante : un bien mal classé peut subir une décote, tandis qu’un logement performant attire plus facilement les acheteurs.
Le DPE donne une note énergétique de A à G. La note A indique une très faible consommation d’énergie. Quant à la note G, elle indique une forte consommation.
Le DPE doit être intégré à la promesse de vente ou, à défaut, annexé à l’acte authentique de vente.
La durée de validité du diagnostic de performance énergétique est de dix ans.
| Période de réalisation du DPE | Durée de validité |
|---|---|
| Entre le 1er janvier 2013 et le 31 décembre 2017 | Valide jusqu’au 31 décembre 2022 |
| Entre le 1er janvier 2018 et le 30 juin 2021 | Valide jusqu’au 31 décembre 2024 |
Diagnostic amiante
Obligatoire pour les bâtiments construits avant juillet 1997, il vise à repérer les matériaux susceptibles de contenir de l’amiante. Sa présence implique des obligations d’information et parfois des travaux.
La durée de validité du document est illimitée si aucune trace d’amiante n’est détectée.

💡 Attention : si le diagnostic a été effectué avant le 1er avril 2013, il doit être renouvelé lors de la vente du logement, même si aucune présence d’amiante n’a été détectée.

Diagnostic plomb
Le constat de risque d’exposition au plomb (CREP) concerne les logements construits avant janvier 1949. Son objectif est d’identifier les revêtements contenant du plomb afin de prévenir les risques sanitaires, notamment pour les enfants.
Ce document doit être assorti d’une notice d’information exposant les risques du plomb pour la santé, notamment le saturnisme, ainsi que les mesures de précaution à adopter en présence de revêtements contenant du plomb.
En cas de diagnostic positif, celui-ci doit avoir été réalisé moins d’un an avant la signature de la promesse de vente.
La durée de validité du document est illimitée si le diagnostic est négatif.
Diagnostic gaz
Ce diagnostic examine les installations intérieures de gaz de plus de 15 ans. Il identifie les anomalies pouvant représenter un danger, notamment les risques d’explosion ou d’intoxication.
L’état, ou le certificat de conformité, doit avoir été établi moins de trois ans avant son intégration à la promesse de vente ou à l’acte.
Ce diagnostic est valide pendant 3 ans.


Diagnostic électricité
Similaire au diagnostic gaz, il évalue l’état d’une installation électrique ancienne (de plus de 15 ans) afin de prévenir les risques d’incendie.
Durée de validité du document : l’état doit avoir été réalisé moins de trois ans avant la date de signature de la promesse.
Diagnostic termites
Dans certaines zones, un diagnostic relatif à la présence de termites est obligatoire. Ces insectes pouvant fragiliser la structure d’un bâtiment, la loi exige une vigilance accrue dans les secteurs concernés.
Le document est valable 6 mois maximum.


Surface loi Carrez
Cette attestation concerne uniquement les lots de copropriété. La loi Carrez impose en effet de mesurer la surface privative d’un lot, information obligatoire pour tout bien situé en copropriété. En revanche, la mention de la surface n’est pas obligatoire pour une maison, ce qui distingue clairement les deux situations.
Une erreur de calcul supérieure à 5 % sur une surface Carrez peut ouvrir droit à une réduction du prix de vente, ce qui en fait un élément particulièrement sensible du dossier de vente.
Diagnostic assainissement non collectif
Il concerne les logements non raccordés au tout-à-l’égout. Le diagnostic vérifie le fonctionnement de l’installation et peut imposer des travaux après la vente.
Le document est valide pendant 3 ans.


ERP (État des Risques et Pollutions)
L’état des risques informe l’acquéreur des dangers identifiés dans la zone où se situe le bien : inondations, mouvements de terrain, sismicité ou pollution. Il s’appuie notamment sur le plan de prévention des risques. Ce document doit également mentionner la présence éventuelle de nuisances sonores aériennes (diagnostic bruit), une obligation applicable aux logements situés près des aéroports.
Durée de validité du document : un état datant de moins de six mois doit être joint à la promesse de vente et, en l’absence d’avant-contrat, à l’acte authentique.
Diagnostic mérule
Ce document informe sur la présence d’un risque de mérule (champignons) dans les zones contaminées et délimitées par arrêté préfectoral. Il n’a pas de durée fixe de validité.


Diagnostic pour les appareils de chauffage à bois
Il s’agit d’un diagnostic récent pour les biens équipés des cheminées à foyer ouvert et situés dans le périmètre d’un plan de protection de l’atmosphère.
Le vendeur doit inclure dans le dossier de diagnostic technique (DDT) un certificat attestant que l’appareil de chauffage au bois respecte les règles d’installation et les normes d’émission définies par le préfet du département.
Durée de validité : un élément à anticiper
Chaque diagnostic possède sa durée de validité propre. Certains n’excèdent pas six mois, comme l’état des risques, tandis que d’autres sont valables plusieurs années ou même indéfiniment lorsqu’aucune anomalie n’est constatée.
Un diagnostic périmé au moment de la signature de l’acte peut entraîner un report de la vente ou une renégociation du prix. Il appartient donc au vendeur de vérifier la conformité de son dossier jusqu’à l’acte authentique.
| Type de diagnostic | Durée de validité |
|---|---|
| Loi carrez | Valable aussi longtemps que de nouveaux travaux n’ont pas été entrepris |
| Diagnostic termite | 6 mois |
| Diagnostic amiante | A renouveler à chaque vente si présence d’amiante détecté. Définitif dans le cas contraire |
| Diagnostic plomb | 1 an si présence de plomb détecté. Définitif dans le cas contraire |
| Diagnostic ERP | 6 mois |
| Diagnostic de performance énergétique (DPE) | 10 ans : (DPE avant juillet 2021 : validité limitée ; voir dates spécifiques) |
| Diagnostic gaz | 3 ans |
| Diagnostic électrique | 3 ans |
| Diagnostic assainissement | 3 ans |
| État des risques naturels et technologiques | 6 mois |
| Mérules | Pas de durée fixée |
| Bruit des aérodromes | Pas de durée fixée |
| Appareil de chauffage au bois | Pas de durée fixée |
Diagnostics et garantie des vices cachés : un enjeu juridique majeur
Les diagnostics jouent un rôle clé dans la gestion de la garantie des vices cachés. Un vendeur peut dans certains cas s’exonérer de la garantie des vices cachés si le dossier de diagnostic technique est complet et si les documents fournis décrivent fidèlement l’état du bien.
Toutefois, cette exonération n’est pas automatique. En cas d’erreur manifeste, de diagnostic incomplet ou d’omission volontaire, la responsabilité du vendeur peut être engagée. Les litiges portent souvent sur le mesurage Loi Carrez ou sur des anomalies non détectées.
Qui peut réaliser les diagnostics immobiliers ?
Les diagnostics doivent être réalisés par un diagnostiqueur certifié, conformément aux exigences du ministère du Logement.
Un professionnel compétent doit :
- Disposer d’une certification valable pour chaque diagnostic effectué.
- Justifier d’une assurance responsabilité civile professionnelle, couvrant d’éventuelles erreurs.
- Être en mesure de présenter ses documents de certification à la demande du vendeur ou de l’acquéreur.
La certification garantit que le diagnostiqueur maîtrise les protocoles réglementaires, ce qui sécurise l’ensemble de la transaction.

Comment préparer son bien avant les diagnostics ?
Une préparation simple permet de faciliter l’intervention du diagnostiqueur et d’obtenir des résultats plus précis. Parmi les conseils pratiques :
- Rendre accessibles toutes les pièces et installations : tableau électrique, chaudière, compteur gaz, combles, vide sanitaire.
- Rassembler les documents techniques : notices, attestations d’entretien, factures de travaux.
- Assurer un accès dégagé aux fenêtres, trappes, ventilations et conduits.
- Nettoyer ou dégraisser les équipements pouvant influencer l’évaluation, notamment pour le DPE.
- Déverrouiller les dépendances, caves ou annexes, qui peuvent faire partie du périmètre d’analyse.
Une préparation optimale limite les diagnostics incomplets et réduit le risque de devoir programmer une seconde intervention.
Le rôle des diagnostics dans le déroulement de la vente
Dès la promesse de vente, l’acheteur doit disposer d’une information exhaustive concernant l’état du logement. Le notaire vérifie que l’ensemble des diagnostics obligatoires est bien annexé avant de programmer la signature de l’acte.
Lors de l’acte de vente, ces documents confirment l’engagement des parties et permettent de sécuriser juridiquement la transaction. Ils influencent également les négociations : un DPE défavorable ou un diagnostic gaz présentant de nombreuses anomalies peut conduire à revoir le prix ou à prévoir des travaux futurs.
Conclusion : pourquoi un dossier de diagnostics complet sécurise la vente
Le dossier de diagnostic technique constitue une étape incontournable de toute vente immobilière. En fournissant une information claire et fiable, il renforce la transparence du marché et protège vendeurs comme acquéreurs. À mesure que les exigences réglementaires évoluent, notamment autour du diagnostic de performance énergétique, ces documents prennent une importance croissante dans les décisions d’achat et dans la valorisation des biens.